Comment réaliser un bassin ? Guide et conseils

Avec un bassin, intégrez un espace de calme, de fraîcheur, de vie dans son jardin et profiter de ce spectacle tout au long de l’année

Le bassin de jardin recrée dans sa totalité un biotope servant de refuge à toute une faune sauvage. Quel plaisir que d’observer les oiseaux boire ou se laver au bord d’un bassin, regarder les libellules se poser sur un jonc au-dessus de l’eau… voir le ballet aquatique des poissons nageant sous la surface.

Pourquoi installer un bassin de jardin ?

Jardin aquatique dans un écrin végétal
La végétation joue un rôle important

Un bassin s’intègre parfaitement dans le jardin, les transitions peuvent être végétales, minérales, et il devient très vite le principal attrait visuel. De plus, il plaît à toute la famille. On observe souvent en pratique que :

  • Monsieur s’occupe de l’aspect technique
  • Madame entretient les fleurs et les plantes, nourrit et soigne les poissons
  • Les enfants observent la vie sauvage, les poissons…

Le bassin de jardin fait son chemin, hier réservé à une poignée de connaisseurs, aujourd’hui toutes les revues spécialisées en jardinerie ont une rubrique « jardins aquatiques », les hors séries consacrés à ce sujet se multiplient, les produits se démocratisent (les jardineries ouvrent des rayons bassins) et les techniques se simplifient (filtres, lampe U.V., éclairage en basse tension).

Le jardin aquatique correspond à un besoin de retour aux sources, à la nature. N’importe quels petit jardin, terrasse ou immense prairie peuvent recevoir sa note aquatique adaptée.

Le bassin de jardin c’est un rêve, le cours d’eau de votre enfance, la « mare » du jardin municipal, l’étang où l’on pêchait. Chacun, à travers la réalisation d’une pièce d’eau, souhaite retrouver quelque chose de son passé. Réaliser ce point d’eau c’est redonner vie à ce rêve. C’est ce qui le diffère d’une piscine traditionnelle qui n’évoque pas tous ces souvenirs et qui a bien souvent du mal à se fondre dans un jardin paysager, n’apportant que les joies de la baignade l’été (et encore !).

Le jardin aquatique marie à la fois :

  • le végétal, dans les abords (arbustes, vivaces de fraîcheur), la zone humide (plantes de marécages ou lacustres), le bassin (à des niveaux plus ou moins profonds avec les plantes aquatiques, joncs, typhas, nénuphars),
  • le minéral et le bois dans la décoration, l’aménagement des bords, la réalisation d’un pont, d’une cascade ou d’un ruisseau,
  • l’animal avec l’introduction de poissons rustiques.

Il fait appel aux sens avec le mouvement de l’eau, le bruit des cascades, les couleurs vives et lumineuses des poissons

De plus, un bassin bien réalisé (cf. conseils de base) ne demande pas plus d’entretien que la même surface de gazon à tondre et apporte en contrepartie une joie visuelle bien plus riche et intense.

Les étapes pour la la conception et la réalisation d’un bassin

1-L’emplacement, la forme et la dimension du bassin

L’emplacement

Le bassin est réalisé pour être vu et admiré. Il doit donc être implanté près de l’habitation, près d’un centre de vie du jardin (pergola, coin barbecue) ou près d’un passage régulièrement fréquenté (allée d’accès au garage, à la maison…). Attention cependant car le bassin (au même titre qu’une piscine) peut présenter un risque pour les jeunes enfants de la famille.

Il faut dans tous les cas rechercher à ce que toute la famille en profite au maximum.

Il faudra que la pièce d’eau soit exposée au soleil car la plupart des plantes aquatiques et de zone humide ont besoin de chaleur pour se développer. L’exposition plein soleil permet une photosynthèse maximale et une croissance optimale des plantes. En contrepartie l’eau verte peut se développer, mais ce désagrément sera facilement éliminé grâce aux appareils U.V. (voir chapitre filtration).

De préférence, ne pas positionner le bassin sous ou, à proximité d’arbres et ce, même si l’ombrage est minimum. En effet, l’automne venu les feuilles risquent de tomber dans le bassin et donc de provoquer une pollution à court, moyen ou long terme (envasement). Les résineux sont à éviter, les aiguilles acidifient rapidement l’eau du bassin. Si malgré tout, l’emplacement envisagé se situe près de végétaux à feuillage caduc on placera, avant la chute des feuilles, un filet afin de récolter un maximum de déchets.

Il ne faudra pas oublier non plus le développement des racines qui à terme pourraient venir déformer voir déchirer la membrane d’étanchéité (attention surtout aux bambous). Dans ce cas on pourra utiliser une « barrière de racines » en polypropylène résistant à plusieurs dizaines de bars.

Comme vous pouvez le constater, certains problèmes peuvent être contournés par des artifices relativement aisés à mettre en place.

Il faudra aussi tenir compte de l’éventuel dénivelé du terrain. On pourra le mettre à profit pour réaliser un ruisseau, une cascade, une succession de bassins. Les terres d’excavations peuvent également permettre de réaliser un local technique adossé à une rocaille au milieu de laquelle coule un petit ruisseau alimenté par une pompe de cascade et le retour des eaux de filtration.

Taille et forme du bassin

Il est, par contre, évident que plus un bassin sera petit, plus l’équilibre biologique sera fragile et plus son aménagement sera délicat.

Une des règles d’or est de concevoir un plan d’eau bien intégré dans le décor existant ou à créer. Un bassin trop petit pourra paraître « riquiqui » dans un grand espace. Il faut aussi savoir que les personnes réalisant un petit jardin aquatique (< à 5 m³) le regrettent très vite. Une fois l’excavation réalisée, avant la mise en eau, le bassin paraît toujours beaucoup plus grand qu’une fois rempli et planté. Un nénuphar peu couvrir plusieurs m² avec ses feuilles et ses fleurs. Même si au départ on ne veut pas mettre de poissons (à tort contre les moustiques) dans bien des cas le bassin est saturé par la suite, ce qui a pour conséquence de provoquer des déséquilibres de qualité d’eau.

La grandeur du bassin peut être aussi liée au budget. Dans ce cas on pourra l’équiper par étapes, en prévoyant toujours les branchements et les passages de tuyaux pour les installations futures. Pour dessiner au sol l’emplacement de votre futur projet je vous conseille d’utiliser un tuyau d’arrosage ou une corde. Vous pourrez les déplacer à souhait jusqu’à obtenir la forme qui vous plaît. Utilisez alors une bombe, de la chaux ou de la sciure pour la tracer définitivement.

Il n’y a pas de formes obligatoires ou, à l’inverse, interdites. Tout dépend de votre envie et de l’harmonisation du futur bassin dans son environnement. Il faut éviter les formes trop tarabiscotées qui compliquent la réalisation et en plus créent des zones d’eau morte. Les angles droits consomment plus de bâche (gestion des plis). Les formes arrondies sont les plus utilisées (haricots).

Règles de bases à retenir pour la conception du bassin

Pas d’arbre à proximité (feuilles à l’automne, aiguilles de sapin…) ou alors installation d’un filet à l’automne (pas toujours évident avec les plantes)
Ensoleillement normal de 5 à 6 heures par jour
Ne pas intégrer le bassin dans une cuvette (recueille les eaux de pluie ayant lessivé le terrain en amont)
Utiliser des drains sous la bâche si emplacement en zone déjà humide
Je conseille de faire un bassin plus grand que trop petit
Éviter les formes tarabiscotées qui ne facilitent pas la circulation de l’eau
Réaliser des paliers de plantation aux profondeurs indiquées
Creuser une fosse profonde de 1.50 m (inertie thermique, augmentation du volume d’eau)
#Label

2-Le choix de l’étanchéité

L’argile

Avantage : peut être conseillée (avec certaines réserves) dans des régions où l’eau « tient toute seule » comme dans la Dombes (épaisseur minimum compactée de 35/40 cm). Bassins en argile : les reportages

Inconvénients :

Etanchéité aléatoire d’où la nécessité d’apports d’eau fréquents surtout l’été (pertes par capillarité)
Exige un compactage fastidieux de l’argile
Les animaux fouisseurs peuvent causer des dégâts aux berges en argile (ragondins)
Difficulté de filtrer (particules d’argile en suspension dans l’eau)

Il est apparu dernièrement sur le marché un tissé emprisonnant de la bentonite (argile gonflant en présence d’eau), le coût au m² est relativement élevé. De plus la pose est particulièrement contraignante et risque de fuite si arbres à proximité (racines).

Le béton

À déconseiller car :

grosse mise en œuvre (attention à la température : risque de fissure ou gel si pas bien fait)
l’excavation doit être plus profonde que lors de l’utilisation de bâche
risque de mauvaise étanchéité du bassin en béton : fissures difficiles à réparer
restrictif quant à la forme du bassin / finitions délicates et peu naturelles
complément sur la réalisation d’un bassin en béton

Voir notre page sur les bassins en béton.

La résine polyester (sur fibres de verre)

Avantages :

très bonne qualité de matériau
grande liberté pour donner les formes du bassin
solidité maximum de la résine polyester / fibre de verre dans le temps

Inconvénients :

coût très élevé de la résine polyester / fibre de verre (fournitures et temps de réalisation)
température de pose de la résine polyester / fibre de verre comprise entre 15 et 25 degrés et par temps sec
mise en œuvre difficile, elle doit être réalisée par un professionnel

La bâche E.P.D.M.

Épaisseur : 1 mm dans des largeurs de 4, 6, 9.15, 12.20 et 15.25 mètres. Poids : 1,17 kg/m²
Longueur des rouleaux : de 30.50 mètres et de 61 mètres de long.

Garantie : 10 à 20 ans suivant fournisseur de la bâche EPDM mais durée de vie annoncée : + de 50 ans
Attention il existe des bâches EPDM pour l’étanchéité des toitures, elles ne sont pas compatibles avec la vie biologique !

Avantages :

idem que la bâche PVC (sauf le coût)
beaucoup moins de plis, très élastique (300 %)
plus résistant
la pose de la bâche s’effectue quelle que soit la température
le collage de la bâche peut s’effectuer sur d’autres supports : métal, bois, béton,
plus résistant par rapport aux U.V. solaires
durée de vie très intéressante (environ 50 ans) de la bâche

Inconvénients :

coût qui demeure plus élevé que celui de la bâche P.V.C.

Voir notre guide sur la bâche EPDM : pose, taille, modèles ….

La bâche P.V.C.

Épaisseur : 0.8 et 1 mm dans des largeurs standards de 4, 6, et 8 mètres (la bâche 0.5 mm est à déconseiller)

Avantages :

souple d’utilisation : formes non imposées
coûts intéressants de la bâche pvc
chaque bande de bâche PVC se colle (ou se soude) aux autres facilement, donc la surface n’est pas limitée ð facile à réparer en cas de problème (rustine)
finitions plus naturelles : recouvrir de plantes, de galets ou de petits rochers

Inconvénients :

on ne peut installer la bâche par une température en dessous de 0°
maniabilité délicate pour petits bassins (plis …) : je conseille les préformés,
dénaturation lente de la bâche au contact des U.V. (à long terme)

Remarque : Plus l’épaisseur de la bâche est importante, plus la fiabilité et la durée de vie sont grandes.

Conseil : Si vous devez réaliser un grand bassin (bâche de plus de 160 m²) et que vous soyez obligé de coller deux feuilles de PVC entre-elles, coller par-dessus le premier collage une bande de 5 cm de large de PVC afin de garantir toute fuite éventuelle au niveau du premier joint.

En fibre préformée

Ce type de bassin est à préconiser pour des petites surfaces car avec la bâche , la pose va être plus difficile à gérer, il y aura beaucoup de plis. Avec le bassin préformé, il y a juste besoin de faire le trou pour l’installer.

Voir notre page sur les bassins préformés.

Avantages :

idéal pour des petits bassins (jusqu’à 3 000 litres) car il est plus facile de gérer le problème de la profondeur (optimale : 80 cm) sur une petite surface
solide : garantie à vie par le fabricant
mise en place rapide et assez simple du bassin préformé en fibre de verre
possibilité de camoufler les bords du bassin préformé avec des galets et des plantes grâce au bord « bio »

Inconvénients :

plus cher que la bâche
forme imposée
Attention ne pas utiliser des bassins en polyéthylène : trop fragiles, ils se laissent aller et peuvent « exploser » au gel.

Généralités :
Les membranes sont toujours de couleur foncée (noir ou vert sombre) car de toute façon au bout de quelques semaines, des dépôts se forment, des algues poussent et viennent assombrir la surface de la bâche. Cela permet de donner une impression de profondeur plus forte et les phénomènes de reflets sont plus intenses.

Si vous souhaitez avoir un fond clair (bleu) construisez-vous une piscine car un bassin ne vous satisfera jamais. La vie aquatique est incompatible avec un fond propre, sans algues sur les parois. L’eau d’une piscine est vide de vie, c’est ce qui permet d’avoir cette propreté, et d’éviter la formation d’algues (attention toutes les bâches ne sont pas compatibles avec la vie aquatique).

Pour les mêmes raisons, il est inutile de vouloir camoufler la bâche au fond du bassin et sur les paliers avec un lit de sable, des galets…, car au bout de quelques semaines, ces matériaux, camouflés par les dépôts et les algues ne se verront plus. De plus, ils rendent l’entretien plus difficile en cas de nettoyage complet.

Règles de bases à retenir pour l’étanchéité

Utiliser une bâche compatible avec l’environnement et la vie aquatique
Ne pas lésiner sur ce budget. La longévité de votre réalisation en dépend
Utiliser obligatoirement un feutre protecteur
Ne pas s’improviser maçon ou poseur de résine polyester…
#Label

3-Le terrassement et les paliers

Cette étape de la réalisation est très importante car elle conditionnera la suite des opérations ainsi que la réussite de votre chantier (on ne trompe jamais l’eau). Le terrassement comportera 4 paliers (largeur minimum 30/40 pour mettre les paniers de plantes) dont les profondeurs sont les suivantes (toujours en fonction du futur niveau d’eau) :

  • 1er palier : 10 à 20 cm, en fonction du type de finition désirée (pierres, galets…). Il servira en effet, à poser le matériau qui maintiendra la bâche et terminera les berges du bassin (palier de finition) ;
  • 2ème palier : 30 à 35 cm, il servira à poser les paniers des plantes demandant une immersion de 10 à 15 cm ;
  • 3ème palier : 55 à 60 cm, il servira à poser les paniers des plantes demandant une immersion de 30 à 35 cm ;
  • 4ème palier : 80 à 120 cm, « la fosse » où on posera les paniers à nénuphars et qui servira aussi de refuge aux poissons en cas d’hivers rigoureux.
Vue en coupe d'un bassin avec les paliers

Certains paliers pourront être « court-circuités » à différents endroits. Leur présence et, de là, leur répartition demanderont donc réflexion, car ils seront choisis en fonction :

  • de l’effet esthétique recherché, 
  • du type de plantes souhaitées à un endroit précis, 
  • de la superficie disponible,
  • du lieu de nourrissage des poissons.
Vue en coupe et de profil des paliers d'un bassin

De plus, si le bassin est destiné à accueillir des poissons (notamment des carpes Koï), il est vivement recommandé de prévoir une fosse d’environ 1.50 m de profondeur, indispensable à une bonne hibernation des poissons. Ces derniers se réfugient au fond, là où la température demeure clémente durant la période hivernale. Cette profondeur aura aussi l’avantage de maintenir au mieux l’équilibre général du plan d’eau à la belle saison.

Si vous désirez construire une île ou mettre en place un pont, n’oubliez pas de réaliser une dalle de béton armé (20 cm), sur laquelle on pose des couches successives de feutre. Ensuite les éléments lourds (buses, gros enrochement, piliers…) viendront prendre appui dessus (prendre la bâche en sandwich).

Pose du feutre et de la bâche

Pose de l'epdm et raccord entre les membranes

Avant la mise en place du feutre et de la bâche, il est préférable de vérifier que le terrain soit exempt de petites pierres saillantes. Dans ce cas, il est recommandé de poser un lit de sable de 3 à 5 cm d’épaisseur afin de lisser la surface. Ne pas mettre de sable sur les parois (risque de ravinement). Éventuellement vous pouvez doubler le feutre (utiliser un géotextile d’au moins 300 g/m²).

Dans les régions où la présence de rongeurs, ou de taupes, est très forte il peut être utile de poser un grillage à maille fine sur le tour du bassin sur les premiers cinquante centimètres. Cela évitera les perforations intempestives dues aux galeries souterraines de ces animaux (cela reste exceptionnel).

En cas de présence d’une nappe phréatique proche de la surface, ou de l’existence de matières en décomposition, il faut disposer un (ou plusieurs) drain(s) de décompression sur le fond de l’excavation. Le tuyau sera posé dans une cavité de 20 cm de large, entourée d’un feutre (bidim) évitant le colmatage et remplie de graviers. Des tuyaux d’évacuation remonteront de chaque côté du bassin, évitant à la bâche de remonter sous la pression de la nappe. Dérouler les bandes de feutre (3 mètres de large) et les faire se chevaucher d’environ 10 à 20 cm.

Je vous conseille d’utiliser du feutre épais – géotextile (300-500g/m²) anti-poinçonnement (certification ASQUAL) car il conditionne la longévité de la bâche. Il y a toujours un risque d’usure par frottement ou par poinçonnement sur de petites pierres restées lors du terrassement.

Dérouler la bâche dans sa totalité. Attention l’été, la bâche grille le gazon très rapidement. A partir du moment où la bâche est en place, vérifiez toujours qu’il ne reste pas de pierres dans les rainures de vos chaussures avant de marcher sur la membrane afin d’éviter de poinçonner ou de percer celle-ci. Il se peut que le feutre glisse sous la bâche. Pour éviter cet inconvénient, on peut le fixer avec de gros clous en plastique (bien les enfoncer).

Afin de bien faire épouser les formes, il est vivement conseillé de mettre la fosse, voire l’avant-dernier palier en eau. Pendant la mise en eau, étirer la membrane régulièrement pour avoir le minimum de plis. Poser ensuite des galets ou des pierres sur les bords pour la maintenir provisoirement. Avant le remplissage, relevez les chiffres de votre compteur d’eau. En comparant avec le relevé effectué en fin de remplissage, vous aurez ainsi le volume exact de votre bassin. 

Je ne conseille pas à un néophyte de poser une bonde au fond du bassin pour des raisons techniques. Les inconvénients sont nombreux et concernent l’étanchéité, les raccordements… Cela rallonge la durée des travaux et ne se justifie pas pour un bassin aquatique naturel. Les puristes de carpes Koï utilisent ce système car il ne laisse aucun dépôt dans le fond de leur bassin. A ce moment il faut prévoir les tranchées pour l’évacuation des eaux vers le filtre lors du terrassement. La bonde de fond ou le passe parois doivent être scellés dans un bloc béton.

4-L’aménagement des berges et paliers

Il faut que, environ deux ans après la fin des travaux, le bassin donne l’impression d’avoir toujours été là. Comme abordé dans le chapitre consacré au terrassement, c’est sur le palier de finition que nous allons poser le matériau qui tiendra la bâche et finira les bords.

Quel que soit le type de matériau je vous conseille d’utiliser toujours le même canevas en l’adaptant :

  • mettre une semelle de mortier sur le feutre
  • poser votre matériau de finition
  • terminer avec une ceinture de mortier éventuellement ferraillée

Attention, le bassin terminé, on ne doit jamais voir la bâche sur le pourtour :

  • esthétique
  • altération par U.V.
  • perforations accidentelles

Prévoir un entretien facile des bords du bassin. Dans le cas d’un gazon venant jusqu’au niveau de l’eau, la tonte doit pouvoir être facile (attention aux pierres dépassant le rebord, aux berges instables…).

Bien faire attention aux fuites par capillarité. L’eau ne doit pas avoir la possibilité d’être « aspirée » par la terre du pourtour du bassin. S’assurer que la terre rapportée est bien tassée pour éviter les effondrements.

Le feutre présent sur la bâche pour protéger cette dernière des pierres décoratives, zone de marécages… ne doit pas être en contact avec la terre extérieure au bassin. Couper le feutre un centimètre en dessous de la limite de la membrane d’étanchéité.

Il est également possible pour les personnes ne désirant pas faire de maçonnerie tout le long du bassin, de terminer le palier de finition avec un rebord plat. En fonction de la largeur du palier, on pourra planter différentes espèces de végétaux.

Cela pourrait vous interesser

Schéma finition des berges - vues en coupe

Par la suite, il est possible de cacher le rebord avec des pierres plates ou tout autre petit enrochement. La façon de procéder sera identique, avec la pose d’une chute de feutre et d’un lit de mortier qui accueillera les pierres.

Pour les bassins en béton dont les parois verticales ne permettent pas la pose de paniers aquatiques, il est possible de réaliser une zone de plantation autour du bassin : bâche accolée au bassin pour servir de zone humide, support métallique pour tenir les paniers, utilisation de nattes en coco avec poches de plantation… Voir notre page sur les différents styles de bassins de jardin.

Autres conseils pour la réalisation de votre bassin

Mise en eau

  • Remplir avec de l’eau dont on connaît la provenance et la qualité : la meilleure reste souvent l’eau du robinet
  • Relever le compteur d’eau avant et après le remplissage pour connaître le volume exact du bassin
  • Éviter de pomper l’eau de la rivière (pollutions)
  • En cas d’eau provenant d’un forage s’assurer du taux de nitrates avant de l’utiliser pour le bassin  
  • Ne pas faire se déverser les eaux de toiture dans le bassin
  • Les poissons sont très tolérants en ce qui concerne les paramètres de l’eau, voici les valeurs indicatives vers lesquelles il faudrait tendre :
pHentre 7 et 9 (acidité ou alcalinité de l’eau)
GHentre 8 et 20 ° allemands (dureté totale)
KHentre 4 et 10 ° allemands (dureté carbonatée)
NH4+0 mg/l (élimination immédiate par les bactéries, la présence d’ammoniac signale une mauvaise filtration ou la présence d’animaux morts, de déchets ou d’un excédent de nourriture)
NO²0 mg/l (absence de nitrites dans un bassin bien équilibré)
NO³- de 10 à 30 mg/l (tolérance jusqu’à 50 mg/l de nitrates mais à ce niveau, le bassin risque de s’eutrophier, manque de végétaux, trop de polluants)
O² dissous entre 5 et 10 mg/l (oxygène)
CO² dissous entre 2 et 5 mg/l (gaz carbonique)
Température °C entre 5 et 25 °C 
Valeurs indicative des paramètres de l’eau

La plupart des eaux distribuées par les compagnies d’eau potable correspondent à ces spécifications. Vous pouvez toujours vous munir d’un test pour les nitrites, le pH, le GH et le KH pour regarder l’évolution de ces indicateurs dans le temps et en cas de problème dans le bassin. 

Végétalisation 

  • Planter au minimum le bassin avec 1/3 de végétaux (plantes oxygénantes, nymphéas, plantes de berge, plantes pour lagunage…)
  • Ne pas utiliser (sauf indication contraire pour certaines espèces) de terreau riche, préférer un mélange terreau aquatique/pierre de lave
  • Planter uniquement dans des paniers, (en pleine terre uniquement dans la zone marécageuse – palier de finition). Ne rien mettre au fond du bassin (terre, gros galets…)

Empoissonnement

La surpopulation est la première cause d’échec tragique à moyen terme dans un bassin.

  • Attendre un mois avant de mettre les premiers poissons
  • Compter une Koï par m³ d’eau ou 10 poissons rouges par m³ maximum
  • Un esturgeon nécessite un minimum de 15 m³ d’eau
  • Nourrir quotidiennement les poissons en respectant leurs besoins (ils ne mangent pas la même quantité de nourriture de mars à novembre)
  • Utiliser toujours une nourriture en granulé qui flotte (pas de paillettes qui polluent)
  • Ne pas accepter de poissons dont on ne connaît pas la provenance (et surtout pas des poissons sauvages de lac ou de rivière – apport de parasites ou maladies)
  • Savoir que le bassin n’est pas extensible, donc respecter impérativement le nombre maximal de poissons qu’il peut accueillir.
  • Observer le comportement de ses poissons c’est s’assurer que tout va bien, un poisson qui mange avec de belles couleurs, de belles nageoires dépliées, qui nage de façon régulière et ne se tient pas à l’écart est un poisson en bonne santé.

Quel est le prix d’un bassin ?

Le prix d’un bassin de jardin peut varier considérablement en fonction de sa taille et de la faune et flore qu’on souhaite y inclure. Un petit bassin de jardin peut commencer à partir de 1000€ et le prix pour un grand bassin peut être de 6000€. Voir notre page dédier pour connaitre le prix d’un bassin ainsi que des exemples détaillés.

Retour haut de page