La piscine naturelle ou biologique pour une baignade 100% nature

Une eau claire comme du cristal pour se baigner dans son jardin.

Une tendance qui se confirme : les piscines naturelles et baignades paysagères prennent de plus en plus souvent la relève des piscines conventionnelles.

Bien-être dans son propre jardin. Relaxation à toute heure du jour ou de la nuit. Un bonheur inégalable que celui de se plonger dans une eau pure après une dure journée, en laissant tout derrière soi. Ce sentiment de bien-être est encore décuplé au contact d’une eau 100% nature, sans ajout de chlore ou d’autres substances chimiques. C’est la sensation qu’offre une piscine naturelle réalisée, sans oublier la totale liberté de choix quant aux formes, mais surtout son équilibre biologique stable à long terme.

Le concept de piscine biologique, bassin naturel adapté à la piscine est assez récent en France. À l’inverse d’une piscine utile deux mois par an et ayant un coût de réalisation et d’entretien élevé, la piscine biologique, bassin de baignade, marie à la fois l’intégration parfaite d’un plan d’eau naturel dans son jardin et l’aspect baignade écologique (pas de traitements de l’eau).

lagunage d'une piscine naturelle
Une superbe photo de piscine naturelle
Une autre photo de piscine biologique

Pourquoi construire une piscine naturelle ?

La piscine traditionnelle n’est pas très écologique !!

La construction d’une piscine est un acte lourd de conséquences. L’énergie dépensée pour sa mise en place n’est en fait rien comparé à son entretien : le propriétaire fait un pacte afin d’assurer la stérilité d’un lieu pendant à peu près 40 ans, une dépense quotidienne d’énergie, physique, monétaire, en produits chimiques et en électricité.

De plus, ces produits chimiques sont des biocides, et nous sommes des organismes biologiques. Si des poissons ne peuvent vivre dans nos piscines, nous aussi devrions éviter de plonger dans l’eau. Il faut savoir que le chlore était tout d’abord utilisé comme arme chimique militaire, puis étonnamment, nous avons commencé à l’ajouter à notre eau potable, et dans nos bains malgré ses effets cancérigènes.

Une piscine classique est donc un trou noir (ou bleu) qui transforme de l’énergie en pollution, en retour nous pouvons nous y baigner pendant 2 mois de l’année. Quand on pense que, dans certaines banlieues aisées, presque une famille sur deux construit une piscine, nous nous retrouvons avec des centaines de kilomètres carrés de surface terrestres stériles (la somme de toutes les piscines).

Construire une piscine donc n’est pas seulement un acte architectural, ou un acte qui aura uniquement des conséquences sur nos loisirs. Nous faisons partie de ce monde, le monde, c’est nous.

C’est quoi exactement une piscine naturelle ? Comment ça fonctionne ?

des enfants qui se baignent dans une piscine biologique
Une piscine naturelle en construction

Jusqu’à maintenant il fallait faire un choix entre piscine stérile ou jardin aquatique, une piscine naturelle est en fait une fusion des deux. Grâce aux nouvelles techniques et de connaissances en termes de traitement des eaux, vous pouvez bénéficier d’une eau limpide et claire, tel un lac de montagne, au cœur de votre jardin. L’eau est saine, cristalline, mais il faut être prêt-à le partager avec d’autres êtres vivants.

Non seulement vous goûterez aux joies de la baignade, mais vous et vos enfants pourriez côtoyer une faune passionnante tels les libellules, têtards, grenouilles, tritons, en train de s’épanouir dans une jungle de fleurs. Même le héron pourra vous rendre visite !

Non seulement vous pouvez jouir de cet espace au fil des saisons, mais elle n’a pas besoin d’adjonction de produits chimiques, et beaucoup moins d’entretien qu’une piscine classique.

L’étang de baignade est un concept qui a déjà fait ses preuves, depuis les années 1980 en Australie, et plus récemment chez les Allemands et les Hollandais. Elle a suivi l’évolution des systèmes d’épuration des eaux usées par lagunage, qui peu à peu remplacent les méthodes industrielles dans certains villages. Elle n’a pas besoin de technicien pour s’occuper d’elle, pour faire la guerre contre tout ce qui arrive : les feuilles mortes, les bactéries, les algues, le gel, etc.… Tous ces êtres et événements sont ses amis, elle est intégrée à son environnement.

Les « composants » d’un piscine biologique

Les composants de base d’une piscine vivante sont : le filtre bactérien, le lagunage et l’étang de baignade.

Le filtre bactérien, beaucoup plus qu’un filtre mécanique, est une barrière biologique autonettoyante ! Il peut être divisé en 3 parties, le filtre, la barrière biologique et les plantes :

  • Le filtre mécanique, composé de pouzzolane, une roche volcanique, sert a capter les particules en suspension dans l’eau, et aussi d’habitat pour les microorganismes qui constituent la barrière biologique.
  • La barrière biologique = les micro-organismes qui vivent dans la pouzzolane. Ils transforment toute matière organique qui arrive dans le filtre, un peu comme une flore intestinale. Finalement les plantes aquatiques profitent de ce processus et transforment les déchets engendrés en biomasse.
  • Le lagunage prend la forme d’une grande mare semée de plantes aquatiques. C’est un grand bac de décantation pour les particules en suspension. Les trois acteurs principaux ici sont l’argile qui, entre autres, absorbe des toxines comme l’ammoniaque, les plantes dont certaines oxygènent l’eau et fournissent un habitat pour la faune aquatique. La faune à son tour remplit plusieurs fonctions (par exemple : les escargots mangent les feuilles fanées). L’importance du lagunage planté pour l’écosystème est telle qu’il doit constituer au moins 1/3 de la surface totale de l’eau.

L’étang de baignade est évidemment un espace étendu et profond pour s’y mouvoir sans embarras. La masse fournie par sa taille est aussi un atout pour le système de par ses qualités thermiques. D’un côté cela crée des courants : le fait que l’eau y est plus froide qu’ailleurs procure une zone micro climatique de plus pour la diversité biologique, toujours importante pour la vitalité d’un écosystème.

Par une volonté d’offrir une qualité d’eau impeccable pour la natation, le bassin de baignade est souvent surélevé par rapport au lagunage, ceci afin d’assurer un effet de débordement pour retirer tout ce qui s’y trouve en surface. De plus, pour éviter un dépôt de vase au fond du bassin qui pourrait troubler l’eau dans des moments d’utilisation pleins d’entrain, on peut y poser des tuyaux aspirants sous une couche de graviers. Ceci dans les cas où une pompe électrique assure la circulation de l’eau.

Une circulation quasi continue, et une bonne oxygénation de l’eau sont essentielles, ceci surtout pour le bien être du filtre bactérien, mais aussi pour ses autres habitants en général. Donc une bonne pompe pour les systèmes fermés, ou une pente et une alimentation d’eau dans un système linéaires permettent d’assurer la circulation. L’oxygénation est optimisée par la mise en place d’un ruisseau, des chutes d’eau ou des fontaines, et des plantes submergées.

Les étapes de construction :

  • Trouver un emplacement (l’idéal serait un terrain en pente, facile à creuser, pas trop près des arbres et avec à peu près 8 heures d’ensoleillement par jour), puis y faire le tracé des bords.
  • Creuser jusqu’à la profondeur souhaitée avec des terrasses larges d’au moins 1m30 partout où il y aura des graviers et des plantes pour les retenir. À moins d’être descendu jusqu’à la nappe phréatique, il faut maintenant rendre le trou imperméable.
  • Vous aviez un choix entre 4 matériaux pour l’étanchéité : l’argile (seulement si votre terrain est déjà argileux), le caoutchouc synthétique (EPDM), les bassins préformés en plastique ou fibre de verre, ou le béton.
  • Poser donc la couche étanche en assurant que les bords sont de niveau, et installer un trop plein. Puis aménager les bords pour leur donner un aspect naturel.
  • Installer la pompe, les tuyaux et le drain pour le filtre. Ajouter l’argile, la pouzzolane, et les graviers.
  • Remplissez avec de l’eau.
  • Faire les plantations. Choisissez une large variété de plantes, avec quelques plantes oxygénantes, et s’assurez que vous les plantez à la bonne profondeur.
  • Attendre que la vie s’y installe (à peu près 4 mois). Ex. Des mini-crevettes, des Daphnés, des araignées d’eau, les libellules, des escargots aquatiques, des grenouilles, des rainettes, des tritons, etc.

Voir un article d’un constructeur de piscine biologique = Teichmeister.

Quelques exemples de constructions

La filtration de la piscine naturelle

L’essentiel de la filtration consiste en des pompes spécifiques envoyant l’eau chargée de déchets vers le lagunage. Un pré filtre (vortex, filtres à grille, filtres à brosse, cuve de décantation…) en amont du lagunage est indispensable afin de réduire l’entretien de ce dernier et éviter un colmatage. Des bondes de fond sont nécessaires pour l’alimentation en eau du filtre et de la lagune. Il faut aussi prévoir des traversées de parois pour le(s) skimmer(s).

La totalité du volume du bassin doit passer toutes les 4 à 5 heures dans le lagunage. A une vitesse plus élevée, la filtration biologique (cycle de l’azote) n’est pas efficace, les plantes n’ayant pas le temps de jouer leur rôle d’épuration. Le retour du reste de filtration peut alimenter une cascade permettant un bon brassage de l’eau et une meilleure oxygénation.

En cas d’exposition au soleil, il peut être prudent (nécessaire) de prévoir l’installation d’appareils UV pour éviter le phénomène d’eau verte. Lorsque l’on utilise une pompe immergée (usage non recommandé, peu de modèles sont aux normes baignade), il peut être utile de prévoir lors du terrassement de la partie la plus profonde une sorte de trappe dans laquelle sera placée la pompe. Ensuite on pourra disposer par-dessus une grille inox (en protégeant la bâche) permettant le passage des impuretés et des câbles sans gêner la nage. Il est cependant plus fréquent d’utiliser des pompes type piscine, hors-sol, logés dans le local technique en fin de filtration gravitaire.

L’eau ainsi débarrassée des plus gros déchets, passe dans l’UV et arrive dans le lagunage. Une profondeur de 40 – 50 cm est suffisant. La lagune est remplie de pierre de lave (support poreux). Je déconseille la présence d’eau au-dessus des pierres de lave, le développement de larves de moustiques est assez conséquent puisqu’il n’y a pas de poissons pour les détruire.

L’entretien de la lagune passe par l’ajout fréquent (tous les mois en saison) de bactéries hétérotrophes qui vont ainsi éviter tout colmatage par des matières organiques en suspension dans l’eau. (même principe que pour les fosses septiques) c’est le seul entretien à réaliser. Bien sûr il faut contrôler régulièrement le pH et les autres caractéristiques de l’eau pour s’assurer une bonne qualité sanitaire.

Ensuite il faut bien être conscient que des visiteurs aquatiques (amphibiens insectes…) pourront venir dans la partie baignade, et ce même en installant des panneaux d’interdiction ! En l’absence de produits chimiques de traitement de l’eau, vous aurez une eau vivante : petits animaux, quelques algues sur les parois…

La plupart des bâches (EPDM, Xavan, Sarnafil… cf comparatif bâche) compatibles vie aquatique sont de couleur sombre, en cas de bâche colorée assurez-vous qu’elle soit compatible avec la présence de poissons.

De même n’utilisez pas dans votre bassin des produits correctifs de l’eau pour piscine… sinon vous encourez le risque de retrouver vos poissons en bien mauvaise position (non il ne dort pas, non il ne fait pas la planche, oui il est occis !)

L’intégration de l’ensemble pourra se faire comme un bassin traditionnel avec un palier de finition, des contours aménagés, mais l’on pourra aussi faire preuve de plus de recherche et utiliser des matériaux nobles tels que le bois (essences exotiques) en créant des zones de détente, ponton…

La piscine naturelle avec la zone baignade et la zone de lagunage

Le principe de réalisation est quasiment le même que pour un bassin traditionnel. Seuls la profondeur, la hauteur des paliers, le volume seront plus importants. Les poissons seront eux aussi proportionnellement moins nombreux et la végétation plus discrète. À côté sera installé un lagunage représentant la 1/2 de la surface du bassin. C’est lui qui va assurer par une filtration biologique la qualité de l’eau de l’ensemble.

Il existe différentes façons de concilier la zone baignade, le bassin et le lagunage :

Schéma qui montre la piscine naturelle avec la zone baignade et la zone de lagunage

L’essentiel étant de permettre à la fois l’épanouissement des végétaux, la santé des poissons et une baignade de qualité. Sur un terrain disposant de beaucoup de place ou ayant une certaine pente, il est préférable de dissocier la lagune de la piscine biologique. En effet l’installation de celle-ci quelques mètres plus loin créera un second point d’attrait dans votre jardin. De plus cela évitera que les feuilles des plantes du lagunage viennent tomber dans la partie baignade.

Le bassin baignade pourra avoir une profondeur plus importante (1,50 – 2,00 mètre), les paliers seront réalisés non plus en fonction des plantes, mais en fonction de votre besoin (présence de jeunes enfants par exemple). La sortie de l’eau des nageurs pourra ainsi s’effectuer sur des marches ou bien au moyen d’une échelle de piscine classique fixée à l’extérieur du bassin. Étant donné que les membranes sont très glissantes, il peut être utile de disposer sur le fond un feutre sur lequel on placera une épaisseur de quelques centimètres de graviers ronds. Il est aussi possible de réaliser des escaliers en béton dans lequel sont insérés des galets ou des pierres plates.

FAQ

Quelle est la meilleure période de l’année pour effectuer les travaux ?

Le seul facteur déterminant pour l’emploi du temps des travaux est la flore. Le meilleur moment pour faire les plantations est le printemps. Sachant que les travaux vont prendre entre 2 et 3 mois, si vous voulez vous baigner cet été, il faudrait que les terrassements et le trou soient en place au plus tard pour avril.

N’y a t’il pas de danger d’attraper des maladies dans l’eau ?

 Je dirais que la meilleure protection pour votre santé est la santé de la piscine. Nous avons a faire a un écosystème, tous les habitants participent a entretenir la vitalité du lieu et a combattre d’ éventuels envahisseurs morbides. Il en va de leurs survies personnelles, donc ils prennent ce sujet très à cœur. Pour renforcer sa vitalité, le design doit surtout assurer la diversité des occupants et faciliter la mise en place d’équipes coopératives. Ajoutons qu’un envahisseur prend plus facilement le dessus dans un support pauvre, comme dans une monoculture plutôt que dans une forêt naturelle, ou dans les tuyaux d’eau d’un bâtiment que dans un ruisseau. N’oublions pas l’importance du placebo et de l’esprit dans tout ce qui traite de santé : pour ceux qui veulent une assurance supplémentaire, je recommande l’installation d’un stérilisateur UV (Ultra Violet).

Toute cette flore et faune n’est-elle pas gênante ?

Vis-à-vis des plantes, la piscine naturelle comprend une espace sans plantes du tout : l’étang de baignade. Pour ceux qui sont de la présence directe des animaux, celui qui est le plus en évidence c’est la grenouille. Attendez-vous à vous faire bercer les soirs de printemps par des concerts vocaux. Par contre, alors qu’on les voit en train de fuir a notre arrivée, une fois dans l’eau on ne les voit plus, elles nous évitent comme elles éviteraient une grenouille géante. L’aspect peut-être le plus « gênant » est le fait que la piscine elle-même est vivante. Ceci implique des phases de croissance, d’évolution. Les premiers 4 mois par exemple, c’est la période ou la faune s’installe. Les plantes ont besoin d’au moins une saison pour s’épanouir. L’équilibre du milieu n’est en place qu’un an après les travaux. Il ne faut surtout pas perturber ce processus, même si certains aspects peuvent nous incommoder, par exemple une période de forte poussée d’algues. (Qui s’estompera d’elle-même si le design est bien fait)

L’eau est elle aussi claire que dans une piscine classique ?

Elle peut l’être. Ma première piscine naturelle était vraiment un modèle basique : sans effets de skimmers ni de système pour enlever la vase dans le bassin de baignade. Pourtant, j’y distingue clairement les petits graviers à 2 mètres de fond. L’eau a une odeur agréable, parfois un peu mentholée à cause des menthes aquatiques, et parfois je la bois juste pour goûter. Pour une eau toujours cristalline, la piscine peut être dotée de composants comme un système de débordement (skimmer), un système de nettoyage des vases (robot nettoyeur ou tuyaux aspirants) et quelque chose pour tuer les algues (stérilisateur UV) qui peuvent donner une teinte a l’eau.

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