Les bassins et étangs abritent une multitude d’insectes d’eau essentiels à l’équilibre de la nature.
L’écosystème est très complet car nous trouvons parmi les nombreuses espèces des détritivores, des phytophages, des prédateurs insectivores. Toute cette population à six pattes attire également d’autres prédateurs : les grenouilles, les crapauds, les oiseaux… Retrouvez ci-dessous une liste des insectes aquatiques :
10 insectes d’eau à observer près d’un bassin ou d’un étang
La notonecte (l’abeille d’eau)

La notonecte (Notonecta glauca) est sans doute l’un des insectes aquatiques les plus reconnaissables. Ce petit prédateur nage sur le dos, propulsé par ses longues pattes arrière en forme de rames. Grâce à une bulle d’air qu’elle emporte sous son ventre et sous ses ailes, elle peut respirer sous l’eau pendant un certain temps avant de devoir remonter à la surface. Carnassière, elle chasse d’autres insectes ou même de petits têtards.
On la rencontre dans de nombreux types de mares et d’étangs, aussi bien en eaux claires qu’en eaux plus riches en matière organique.
Le dytique (le torpilleur du bassin)


Le dytique est un coléoptère aquatique puissant et vorace. Ses pattes postérieures palmées lui permettent de foncer sous l’eau à la recherche de proies : larves, têtards, petits poissons.
Même ses larves, surnommées “tigres d’eau”, sont redoutables et munies de crochets venimeux.
En surface, l’adulte remonte souvent emprisonner une bulle d’air sous ses « ailes » (élytres) avant de replonger chasser.
Les larves de chironomes (les nettoyeuses rouges)


Les larves de chironomes, souvent appelées “vers de vase”, vivent enfouies dans la vase ou le sable. Leur couleur rouge vient de l’hémoglobine, qui leur permet de respirer dans les zones pauvres en oxygène.
Ces petites larves jouent un rôle essentiel : elles recyclent les matières organiques et nourrissent poissons et amphibiens. Leur abondance traduit souvent un milieu riche en matière organique, mais pas toujours équilibré.
Les larves de libellule (les dragons du fond)

Les larves de libellules passent plusieurs mois, parfois années, sous l’eau avant de devenir adultes. Armées d’une mâchoire protractile, elles attrapent proies et têtards à une vitesse fulgurante.
Elles vivent dissimulées dans la végétation ou au fond de l’eau, respirant grâce à des branchies internes ou externes selon les espèces.
Quand vient le moment, elles grimpent sur une tige, quittent leur exuvie et s’envolent.
Le gerris (le patineur des mares)

Le gerris avance à la surface grâce à la tension de l’eau et à ses pattes hydrophobes. Ce patineur léger chasse les insectes tombés dans l’eau, qu’il détecte par les ondes à la surface.
Souvent visibles en petits groupes, il participe à l’équilibre du bassin tout en offrant un ballet fascinant les jours calmes.
La nèpe (la scorpionne d’eau)


Avec son allure de scorpion, la nèpe intrigue. Son long tube arrière n’est pas un dard mais un tuba respiratoire !
Tapie dans la végétation, elle saisit ses proies avec ses pattes ravisseuses avant d’en aspirer le contenu.
Inoffensive pour l’homme, elle joue un rôle de régulation naturelle en limitant les larves de moustiques.
L’hydrophile (le coléoptère brillant)

L’hydrophile est un coléoptère plus paisible que le dytique. Souvent observé remontant lentement vers la surface, il transporte une bulle d’air argentée sous son abdomen, qui lui donne un aspect brillant.
Il se nourrit surtout de débris végétaux et contribue à nettoyer le fond du bassin.
Le caloptéryx (la demoiselle des rivières)

Le caloptéryx est une demoiselle, proche de la libellule, reconnaissable à ses ailes bleutées et à son vol gracieux.
Il affectionne surtout les ruisseaux et les zones bien oxygénées. Les mâles défendent leur territoire avec des danses aériennes spectaculaires.
Présence signe de bonne qualité d’eau, c’est l’un des insectes les plus photogéniques des zones humides.
L’éphémère (la vie en un jour)


L’éphémère vit sous l’eau sous forme de larve pendant plusieurs mois avant de devenir adulte… pour seulement quelques heures !
Elle ne se nourrit pas, ne fait que se reproduire, puis meurt.
Son envol au crépuscule forme parfois de véritables nuées.
Les larves se nourrissent de débris organiques et contribuent indirectement à la qualité de l’eau.
Le grillon d’eau

La corise (ou cigale d’eau) vit cachée parmi les herbes aquatiques et au fond des bassins. Elle se reconnaît à son chant strident, produit par stridulation d’organes spécialisés. Ce son, audible même hors de l’eau, sert à attirer les femelles pendant la saison de reproduction. Peu connue, elle participe pourtant à la diversité sonore et biologique du bassin. Un signe de vie discret, mais essentiel.
Autres insectes d’eau

Guêpe endormie près du bassin
Deux insectes peuvent contrarier le jardinier aquatique : la chenille de l’hydrocampe du nénuphar (petit papillon) et la galéruque (petit coléoptère). Leurs larves minent les feuilles émergées des nymphéas. Pour les découvrir, il faut regarder à l’envers des feuilles.

La chenille de l’hydrocampe (ci-dessus) est cachée sous un morceau de feuillede forme ovale de 1 x 2 cm attaché à la plante par des fils de soie.


Les pucerons peuvent également envahir vos plantes, il suffit alors d’immerger les pots pour noyer les insectes et offrir du même coup un festin aux poissons. Sur de grandes surfaces il est possible de poser, sur le feuillage des nénuphars, un grillage qui fera couler momentanément la végétation… et les pucerons.
Certaines Chrysomèles s’attaquent aux plantes aquatiques (salicaire, saules…). Les feuilles apparaissent alors comme minées :


Certaines larves d’insectes peuvent respirer sous l’eau au moyen de branchies externes (éphémères, perles…) d’autres respirent grâce à un siphon respiratoire situé au-dessus de l’abdomen (dytiques, moustiques…). Ces larves vivent la tête en bas et remontent régulièrement à la surface de l’eau. Les dytiques font une provision d’air avant de repartir à la chasse. Ils emprisonnent de l’air au niveau de l’abdomen.
Les larves de certains dytiques, des grandes libellules (Aeschne) peuvent s’attaquer à de petits alevins, à des têtards, ce sont des prédateurs redoutables. Camouflées dans la vase ou le long d’une tige de plante elles attendent le passage d’une proie pour la saisir avec leurs mandibules acérées. Certaines punaises aquatiques (Notonectes) infligent une piqûre douloureuse si on les saisit sans précaution.
Les larves de certaines espèces de phryganes vivent camouflées et protégées dans un fourreau constitué de soie sur lequel sont collés des matériaux divers : brindilles, débris végétaux, grains de sable, coquilles d’escargot…
Quelques espèces de papillons (solitaire, nacré, cuivré, azuré… ) sont également endémiques des zones humides, les chenilles se nourrissant de plantes aimant les sols tourbeux ou humides (airelle des marais, renouées, oseille, linaigrette). Ces papillons, du fait de la régression de leur biotope, sont en voie de disparition. D’autres, de passage, viennent boire sur les rives du bassin.
Dans les grandes herbes se dresse parfois la toile d’une araignée, véritable piège à insectes volants, tout comme les libellules qui parcourent les airs et viennent se poser sur les typhas, les phragmites ou les joncs afin de déguster leur repas. Certaines larves de libellules vivent plusieurs années dans l’eau avant de se métamorphoser au printemps pour une vie d’adulte de quelques mois.
Il est possible de trouver, accrochée à une tige, sur une pierre, une exuvie de libellule. C’est l’ancienne peau de la larve qui est restée sur son support pendant que la libellule faisait sécher ses nouvelles ailes au soleil du printemps.

Sympetrum sp.

Libellulidae et son exuvie sur juncus ensifolius.

Larves d’éphémères.
Les photos suivantes sont réalisées à partir d’un échantillon de ma collection (120 boites 27 x 40 cm). Les insectes ont été récoltés dans la nature entre 1984 et 1991 ou bien élevés à partir de larves dans des aquariums (libellules, hydrophiles…)

Vision d’ensemble permettant de se rendre compte de la taille réelle des insectes
(l’étiquette sous chaque insecte mesure 10 x 15 mm)
Mégaloptères :

Sialis lutaria (perle), l’adulte se trouve souvent sur les végétaux à proximité des bassins.
Odonates :

Souvent près des cours d’eau



Souvent près des cours d’eau
Lestes viridis (♂) et Lestes virens (♀)
Vole au-dessus des végétaux aquatiques

Vole très rapide au-dessus des zones humides

La maîtresse des airs du bassin.


♀ ♂ et exuvie
Une des premières libellules du printemps.
Hémiptères

Sur les eaux calmes. Se nourrit de petits insectes tombant sur la surface de l’eau.

Marche lentement parmi les débris végétaux au bord des mares.
Ranatra linearis (ranatre)


Ranatra linearis (ranatre)
Fréquente parmi la végétation, à la recherche de proie qu’elle saisit avec ses pattes ravisseuses. Carnivore
Photo Jean-Philippe M. Ranatra linearis
Lac de la Côte-Nord, dans la Province de Québec au Canada

Nepa cinerea (nèpe) commune dans les eaux stagnantes, se déplace lentement sur le fond.
Le spécimen ci-contre montre du côté droit l’aile rougeâtre protégée par l’élytre qui lui permet de voler de point d’eau en point d’eau

Notonecta maculata
Nage sur le dos. Extrêmement voraces ils s’attaquent à toutes les proies passant à leur portée. Piqûre douloureuse.

Naucoris cimicoides
Vivent dans les eaux tranquilles, abondamment pourvues de végétation aquatique. Piqûre douloureuse.

Corixa punctata
Vit sur le fond des mares, se nourrissant de dépôts floconneux de vase (algues …)
Coléoptères

Dysticus marginalis, (♀ ♂ et larve). Un de nos plus grands dytiques (de 27 à 35 mm). Commun de 0 jusqu’à 2500 m. Eaux douces stagnantes et limpides des lacs, mares.

Meladema coriacea, un dytique de taille moyenne du Sud de la France.
Dans les trous d’eau.

Acilius sulcatus (♀ et ♂) acilie
(de 16 à 18 mm)
Dytique commun des mares, abreuvoirs et étangs

Hydrophilus caraboïdes
Insecte végétarien des étangs riches en plantes aquatiques

Hydrous piceus, grand hydrophile
(de 34 à 50 mm)
Végétarien
Étangs, mares et marais herbeux
